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Pour quelle étude?

CAP’TT: Coordination Ados adultes Protocole Transition TDAH

Investigateur COORDONNATEUR

Camille QUESSON , Infirmière en Pratique Avancée en Psychiatrie et Santé Mentale au CHU de Tours.

PROMOTEUR : Centre Hospitalier Universitaire de Tours
RATIONNEL

Le TDAH est classé dans la catégorie des troubles du neurodéveloppement. Il se caractérise par des symptômes d’inattention, accompagnés ou non de symptômes d’hyperactivité et d’impulsivité, d’intensité inappropriée par rapport à l’âge de développement. Ce trouble, dont la prévalence est d’environ 5 % chez les enfants et adolescents, affecte 2.6 % des adultes (American Psychiatric Association, 2013 ; Song et al., 2021)

Le TDAH doit être considéré a priori comme un trouble chronique même si l’expression clinique du trouble varie d’un individu à l’autre et chez un même individu au cours de sa vie (HAS., 2024). Les  symptômes du TDAH  entraînent des conséquences au niveau de la sphère personnelle, sur le plan psychiatrique ou encore au niveau addictologique (HAS., 2024). Les troubles addictifs concernent les substances, mais aussi certains comportements (addictions aux jeux vidéo, aux jeux de hasard et d’argent, au sexe, à l’alimentation notamment). (HAS., 2024).

En santé mentale, la transition fait référence au passage des services pour enfants et adolescents aux services pour adultes (Russet et al., 2022). Dans les services, La transition se déroule habituellement vers 16-20 ans. Cependant, aucun critère d’âge strict n’est établi, la flexibilité et l’adaptabilité sont essentielles. La période jeune adulte est celle où le risque de décompensation d’un trouble mental est le plus important, notamment chez ceux porteurs d’un TDAH qui ont un risque majeur de développer des comorbidités psychiatriques (HAS., 2014).  Il n’existe pas actuellement en France de prise en charge spécifique du patient TDAH à la période de la transition.

Plusieurs initiatives ont été conduites pour améliorer la transition entre services de pédopsychiatrie et services de psychiatrie adulte, dont le projet européen Milestone («managing the link and strengthening transition from child to adult mental healthcare»). Les résultats de cette étude sont en cours de publication. Les premiers résultats montrent qu’en France, 48% des adolescents pour lesquels un relais des services de pédopsychiatrie aux services de psychiatrie adulte a été mis en place, ont expérimenté une période de trois mois sans suivi entre les deux types de prise en charge. Les chiffres sont similaires au Royaume-Uni, 50% des adolescents atteignant l’âge de cette période de relais, aussi appelée période de transition, n’étant pas pris en charge par les services de psychiatrie adulte dans les suites de leur parcours.

L’étude proposée s’inscrit dans l’objectif de La coordination nationale TDAH adulte (2020) qui met l’accent sur le travail de coordination afin de réduire le manque de structuration des soins, spécifiquement entre pédopsychiatrie et psychiatrie adulte, afin d’assurer une continuité de soins lors du passage à l’âge adulte, afin de mettre fin aux ruptures de prise en charge sources de complications fréquentes.

Récemment, la fédération internationale du TDAH, dans son consensus international, a rédigé 208 conclusions fondées sur des preuves à propos du TDAH (Faraone et al.,2021). Dans ce consensus « une méta-analyse » de sept études portant sur plus de 5000 enfants et leurs parents a montré un fort retentissement des symptômes du TDAH sur la qualité de vie des enfants par rapport à leurs pairs au développement typique (en auto-évaluation comme en évaluation par les parents) avec un fonctionnement émotionnel, social et scolaire fortement altérés (Lee et al., 2016). A l’adolescence, les attentes scolaires s’intensifient, les risques d’échecs sont plus importants et peuvent impacter l’estime de soi.). Le TDAH multiplie par 1,5 le risque de troubles liés à l’abus de substances (2,4 fois pour le tabagisme) et par 9,3 le risque d’utilisation problématique des médias à l’adolescence (Enagandula R.et al 2018). Le TDAH est associé à une consommation de toxiques plus sévère et à des difficultés de sevrages plus importantes (Biederman 1998, Murphy et Barkley 2002). Chez les personnes dépendantes des opiacés, 22 % ont des antécédents de TDAH dans l’enfance. Concernant la consommation de cocaïne, 35% avait un TDAH dans l’enfance et ont commencé à consommer jeune avec un devenir péjoratif (Carll ET Rounsaville 1993, Clure 1999 et saules 2003). Les personnes ayant un TDAH ont un risque plus important d’usage abusif de substances à partir de 17 ans. En effet, 30 à 50% des adolescents abusant de substances ont un TDAH (Peyret 2010). Ainsi la présence de soignants référents s’assurant de la continuité des soins est indispensable dans cette période fragile (Mousatat. & Ducroix Pastori, 2020).

L’hypothèse d’efficacité est que la mise en place d’un protocole de suivi par un professionnel médical de Psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, à la période de la transition, auprès des adolescents de 16 à 18 ans, puisse avoir un impact sur l’apparition des addictions avec ou sans substances.  

METHODOLOGIE
  • L’objectif : L’objectif principal de cette étude est de mesurer l’impact d’un protocole de suivi auprès de patients TDAH de 16 à 18 ans, ayant effectué leur dernier rendez-vous dans un CMP de Pédopsychiatrie dans un délai de moins de 6 mois, sur l’apparition ou la diminution d’un trouble des usages avec ou sans substance.
  • La population (critères d’inclusion et non inclusion) :
Critères d’Inclusion Patients de 16 à 18 ans, diagnostiqués TDAH, ayant eu un dernier rendez-vous en CMP pédopsychiatrique datant de moins de 6 mois. Signature du consentement par les parents ou détenteurs de l’autorité parentale. Accord du jeune pour entrer dans le protocole de recherche (pas de valeur légale mais importance pour l’adhésion au programme).
Critères de Non InclusionPas d’inclusion pour les patients ne parlant pas le français, sans diagnostic de trouble du développement intellectuel et de trouble d’acquisition du langage écrit.
  • Le design est un essai contrôlé randomisé multicentrique en groupes parallèles en ouvert.
  • Durée des inclusions : 24 mois
  • Recrutement total: en cours d’estimation
Faisabilité de Co-investigation 
  • centres investigateurs prenant en charge des patients diagnostiqués TDAH de 16 à 18 ans.
  • Présence d’au moins deux professionnels paramédicaux en psychiatrie de l’enfant et l’adolescent ou de l’adulte qui aura en charge des patients diagnostiqués. Nécessité que ce professionnel ait une expertise dans le domaine du TDAH depuis au moins 2 ans.
  •  Formation du promoteur de la recherche à la formation des échelles auprès des équipes soignantes.
PÉRIMÈTRE GÉOGRAPHIQUE

France entière

Calendrier

Réponse souhaitée avant le 30 novembre 2025

Contactez :

Camille QUESSON, investigatrice principale IPA au CHU de Tours, c.quesson@chu-tours.fr

Tél. 06 83 78 84 10

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